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David Frawley

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Shyama Tara - Tara Verte

La légende de Tara 

Selon la tradition, Tara était, à l’origine, une jeune fille qui devint une déesse. Tout commence dans la nuit des temps, à l’époque du Bouddha « Son du Tambour ». Vivait alors une princesse du nom de « Lune de Sagesse » qui, pendant dix millions d’années, fit chaque jour d’immenses offrandes à Son du Tambour et à ses disciples. Elle fit aussi, en sa présence, la promesse d’atteindre l’Éveil pour secourir tous les êtres, et de se consacrer sans cesse à leur bien. Les moines lui dirent alors que, pour atteindre son but, elle devrait prier afin de renaître homme et non point femme. Lune de Sagesse, qui ne voyait rien à redire à sa féminité, n’apprécia guère leur commentaire et, après leur avoir fait remarquer que, en ce qui concerne l’Éveil, il n’existe ni homme ni femme, elle leur déclara:
« Beaucoup désirent l’Éveil dans un corps masculin, mais personne n’œuvre pour le bien des êtres dans un corps féminin. C’est pourquoi, jusqu’à ce que le Samsâra (cycle des réincarnations) soit vide, Je travaillerai pour le bien-être de tous les êtres dans un corps féminin »
Puis, pendant dix millions d’années, elle pratiqua jusqu’à ce qu’elle atteigne la complète réalisation et devienne capable de libérer dix millions d’êtres chaque matin et autant le soir. C’est alors que Bouddha Son du Tambour déclara qu’elle serait désormais connue sous le nom de « Tara » la Libératrice.
 
Tara est un Bodhisattva féminin (Être éveillé) très populaire et une divinité féminine issue de l’Hindouisme et du Bouddhisme tantrique Tibétain.
Symbole du féminin sacré par excellence, elle personnifie la compassion, offre des clés de salut à l’humanité et nous libère de nos souffrances. Elle est sans aucun doute la divinité féminine la plus puissante du panthéon bouddhiste.

Connue pour prodiguer des conseils à qui sait les entendre, Tara est une protectrice bienveillante. Ses statues sont de grands porte-bonheurs, ses mantras sont chantés dans tous les temples et ses images sont placées là où les sages méditent.
En tant que divinité tantrique, le rôle de Tara n'est pas d'être un objet de culte. Au contraire, par ses pratiques spirituelles et ésotériques, le méditant s’aidera de la Tara (blanche ou verte) pour poursuivre son chemin personnel vers l’illumination.
Son nom signifie "étoile" en sanskrit et elle est censée avoir la capacité de guider les adeptes, comme une étoile, sur leur chemin spirituel. Dans certaines traditions bouddhistes du Nord de l’Inde, elle est considérée comme un bodhisattva (c’est-à-dire un être illuminé). Parfois aussi, elle est décrite comme la compagne du bodhisattva le plus vénéré, Avalokiteshvara. Selon la tradition bouddhiste, le Dalaï-Lama lui-même serait une réincarnation de ce fameux Avalokiteshvara.
Les historiens débattent encore, mais il semblerait que la déesse Tara soit entrée en Inde par le biais du Shaktisme, une ancienne religion à l’origine de l’Hindouisme des premiers temps. Cette théorie s’appuie sur un ancien texte sacré nommé le « Prajnaparamita Sutra ». Datant du 2ᵉ siècle, ce document décrit un être féminin total personnifiant la sagesse absolue et le plus grand des amours.
En fonction des régions et écoles de pensée, la Tara sera vue comme une divinité, un bodhisattva, un esprit ou même un démon. Il n’en reste pas moins que l’Asie entière la vénère. L’Inde, le Tibet ou le Népal, par leurs religions ancestrales, la prient forcément. En Chine, la Tara est connue sous le nom de Chenrezig, et est réputée protéger les humains de la souffrance. Au Japon aussi certains esprits bienveillants semblent pouvoir lui être relié. En Occident, certaines femmes choisissent de nos jours d’utiliser son image, comme étendard de leurs idéaux d’une femme totale, bienveillante et, surtout, respectée depuis des millénaires.
Tara se présente sous 21 formes différentes, chacune avec une couleur, une position et des attributs distincts, représentée soit calme, soit courroucée.

Tara verte : protectrice et aide face aux obstacles

La Tara verte,  Shyama Tārā en sanskrit, est la Tara la plus connue, la plus souvent priée et la plus puissante. 
Elle offre secours et protection contre tous les malheurs, toutes les souffrances que les êtres peuvent rencontrer dans le monde matériel. Elle agit directement dans le samsâra (le cycle des réincarnations) malgré sa grande nature divine.
Spirituellement, la Tara verte est une image d’abondance sereine, d’une activité pleine d’énergie et qui crée. Elles protègent les voyageurs qui le lui demandent et apportent la sécurité aux autres. Elle nous libère de nos émotions négatives, de nos illusions et de nos chimères.
Sa couleur verte est celle de l'activité éveillée et de la compassion.
Le vert indique que Tara agit pour ceux qui la prient avec la rapidité du vent, également de couleur verte dans la symbolique bouddhiste.

Les Taras dans l'Hindouisme

Dans l'Hindouisme, la Tara est vue comme une forme de l'énergie primordiale féminine, énergie aussi connue sous le nom de « shakti ». Elle est l'une des dix Dasha Mahavidya qui agit comme un guide et un protecteur, celle qui offre la connaissance ultime qui accorde le salut. Elle est la déesse de toutes les sources d'énergie. On pense que l'énergie du soleil provient d'elle.
Son nom signifie « étoile » mais, dans certains dialectes sanskrits, il veut plutôt dire « protection ».
La tradition hindouiste voit la déesse Tara comme la deuxième des dix Mahavidyas, un groupe de dix divinités-avatars de la grande déesse mère Mahadevi. Déesse primordiale, Mahadevi, peut être vue comme la Terre-Mère, la source-même de la vie.
Parfois aussi, Tara sera vue comme une manifestation de Parvati, la déesse-mère de l’Hindouisme qui protège ses enfants, les aide à grandir et à croître. Dans la même idée, certains pensent qu’elle serait la réincarnation de la mère du Bouddha Sakyamuni.
L’iconographie hindoue est riche et, au sujet de la Tara, il existe des tonnes de symboles ésotériques porteurs de sens. Le plus important reste sans doute le « trône de lotus », une sorte de fleur bleue géante sur laquelle est assise la Tara dans une posture impériale et pleine de sagesse. Cette image de la déesse placée sur la fleur est censée refléter une compassion sans fin et un travail qui, comme le lotus qui s’ouvre et se ferme, continue en chaque jour.

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